Toutes les réalisations Cas client — ADEME

ADEME : pré-instruire les demandes d'aides pour libérer les agents instructeurs

Nous avons conçu, pour l'ADEME, un agent d'instruction qui analyse automatiquement l'éligibilité et la complétude des demandes d'aides, afin de soulager les agents instructeurs. Le jury du challenge Dis-ADEME l'a désigné lauréat, et l'agence nous a ensuite confié son industrialisation. Voici comment nous avons travaillé — et ce que cette méthode donnerait chez vous.

Prototype DPLIANCE pour l'ADEME : page d'un dispositif d'aide avec vérification d'éligibilité en ligne
Le prototype en ligne sur ademe.dpliance.com : la vérification d'éligibilité intégrée à la page du dispositif d'aide.
le contexte

Un problème que nous avions vécu

Comme des milliers de PME, nous avons un jour candidaté à une aide publique — et nous sommes passés à côté. Non pas parce que le projet était faible, mais parce qu'un critère d'éligibilité nous avait échappé, enfoui dans les conditions du dispositif.

Ce que nous avions vécu côté demandeur, l'ADEME le vit à grande échelle côté instruction. Une part importante des demandes qu'elle reçoit sont inéligibles ou incomplètes, et chacune mobilise le temps d'un agent instructeur. C'est le même problème, vu des deux côtés du guichet.

Chaque demande, même vouée au rejet, suit le même chemin. Un agent l'ouvre, vérifie les critères du dispositif, contrôle les pièces, puis rédige une réponse. Multiplié par le volume de dossiers, ce tri manuel consomme un temps précieux. Ce temps manque aux projets qui méritent un vrai examen, et aux demandeurs qui auraient besoin d'être accompagnés.

le challenge

Le challenge, et ce que nous en avons fait

L'ADEME, l'Agence de la transition écologique, a lancé son challenge Dis-ADEME pour améliorer le traitement de ses aides grâce à l'IA. Nous connaissions déjà ce problème : nous l'avions vécu.

En trois semaines, l'équipe a conçu un agent d'instruction qui analyse automatiquement les demandes d'aides : éligibilité de l'entreprise et complétude du dossier. L'équipe réunissait Hichem Ammar-Boudjelal (CEO), Florian Gadal (CTO), Nicolas Albiges (data scientist) et Christian Tchouaffé (data analyst). Pas une maquette : un prototype fonctionnel, testé sur une centaine de cas et mis en ligne sur ademe.dpliance.com.

Le jury a désigné DPLIANCE lauréat du challenge.

ce qui a convaincu

Une instruction automatisée, explicable et traçable

Le principe tient en une phrase : structurer les critères du dispositif, puis vérifier chaque demande contre des faits plutôt que contre des déclarations. L'agent contrôle l'éligibilité à partir des données réelles de l'entreprise, notamment son code APE obtenu via l'API SIRENE, plutôt qu'à partir d'un questionnaire déclaratif. Il vérifie ensuite la complétude du dossier, pièce par pièce.

Chaque demande ressort avec un statut explicite. Chaque conclusion reste explicable et traçable : l'instructeur sait pourquoi un dossier est signalé, et peut vérifier chaque étape du raisonnement. La transparence prime sur la boîte noire : un service public doit pouvoir justifier tout rejet, sur la base d'un score explicable.

L'agent prépare chaque dossier : il pré-instruit, et la décision reste entre les mains de l'instructeur. C'est un choix de conception, pas une limite technique. Le bénéfice joue des deux côtés du guichet : les agents reçoivent des dossiers pré-instruits et se concentrent sur les demandes qui méritent leur temps. Les demandeurs, eux, peuvent vérifier leur éligibilité avant de déposer. « Notre but était de créer un agent d'instruction qui accompagne les demandeurs », résumait Christian Tchouaffé dans Le7.info.

Le flux d'instruction, en quatre étapes

  1. Dossier déposé

    Demande d'aide et pièces justificatives.

  2. Analyse des critères

    Éligibilité vérifiée via l'API SIRENE, complétude contrôlée pièce par pièce.

  3. Statuts explicables

    Chaque conclusion est tracée et vérifiable par l'instructeur.

  4. Décision de l'instructeur

    La décision finale reste humaine, sur un dossier pré-instruit.

Des dossiers à trier chez vous aussi ? Parlons-en
la suite

De la victoire à l'intégration

Gagner un challenge est une chose ; équiper une agence publique en est une autre. La solution est aujourd'hui en cours d'industrialisation pour s'intégrer aux outils de l'ADEME. C'est un travail différent du prototype : fiabiliser chaque vérification, s'insérer dans les systèmes existants, préparer la supervision au quotidien.

C'est la partie du travail qui nous tient le plus à cœur. Un prototype prouve qu'une idée fonctionne ; c'est en production, utilisée tous les jours, supervisée et maintenue dans la durée, qu'une solution rend réellement service. C'est notre méthode sur chaque projet : nous opérons ce que nous construisons.

Un prototype à mener jusqu'en production ? Échangeons
et chez vous

Ce que cette méthode donnerait chez vous

Le schéma de l'ADEME se retrouve partout où un back-office instruit des dossiers. Les assurances et les mutuelles traitent des demandes de remboursement, les collectivités attribuent des subventions, les banques étudient des dossiers de crédit. À chaque fois, la même mécanique : des critères connus, des pièces à contrôler. Et des équipes qui consacrent du temps à des dossiers qui auraient dû être écartés plus tôt.

La démarche qui a fonctionné pour l'ADEME est celle que nous appliquons à chaque projet. Nous partons d'un problème concret et construisons un prototype sur vos données réelles, avec des critères de réussite définis ensemble. Nous menons ensuite la solution jusqu'à la production, pour l'opérer au quotidien. Les mêmes garde-fous s'appliquent : des conclusions explicables, une traçabilité complète, et la décision qui reste entre les mains de vos équipes.

Si vos équipes passent du temps à vérifier des dossiers, trier des demandes ou contrôler des pièces, l'IA peut souvent pré-instruire ce travail. Le point de départ reste le même : un échange avec un ingénieur pour cadrer votre besoin. Les premiers résultats arrivent ensuite sur vos données, en quelques semaines.

Un back-office à soulager ? Réservez 30 minutes avec un ingénieur
questions fréquentes

Les questions fréquentes sur ce cas

L'IA prend-elle la décision à la place de l'instructeur ?

Non. L'agent pré-instruit : il vérifie l'éligibilité et la complétude, explique ses conclusions et les rend traçables. La décision reste humaine : c'est un choix de conception, pas une limite technique. C'est ce qui rend la solution acceptable pour un service public.

Comment l'agent vérifie-t-il l'éligibilité ?

Sur les données réelles de l'entreprise plutôt que sur du déclaratif : le code APE, par exemple, est obtenu via l'API SIRENE. Les critères du dispositif sont structurés en règles vérifiables, et chaque contrôle est journalisé — l'instructeur peut retracer le raisonnement complet.

Combien de temps prend réellement un projet de ce type ?

Le format du challenge a comprimé le prototype en trois semaines, et c'est précisément à cela que sert un challenge. La vraie vie est plus lente. Comptez quelques semaines de prototype sur vos données réelles. Comptez ensuite trois à six mois pour atteindre la production dans vos outils, selon le nombre de systèmes qui doivent se parler. L'industrialisation de l'agent de l'ADEME demande nettement plus de temps que le challenge lui-même — et c'est l'ordre normal des choses.

Ce type d'agent est-il conforme au RGPD ?

La conformité est construite dans l'architecture : hébergement souverain, minimisation des données, traçabilité de chaque décision. C'est notre terrain d'origine : notre logiciel de conformité RGPD équipe plus de 500 organismes. La même exigence s'applique sous la Loi 25 au Québec.

Une question sur votre cas précis ? Posez-la à un ingénieur

Parlons de votre projet.

Concrètement : un ingénieur vous répond en direct pendant trente minutes de visio, sans détour commercial et sans engagement de votre part. Vous repartez avec un avis franc : ce que cette méthode donnerait sur votre cas, et les délais réalistes pour y parvenir. Écrivez-nous : réponse sous 24 h ouvrées, par un humain.